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Carton rouge pour Dream Pairs ? Dream Pairs porte le litige de contrefaçon de marque devant la Cour suprême
juin 2025
En 2023, Iconix Luxembourg Holdings SARL (Iconix) a déposé une plainte pour contrefaçon de marque contre Dream Pairs Europe Inc (Dream Pairs), concernant les logos ci-dessous. Iconix possède la marque de vêtements de sport Umbro et le logo en forme de losange.
| Logos Iconix / Umbro | Logo Dream Pairs |
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Dans la décision de première instance, la Haute Cour a statué en faveur de Dream Pairs, estimant que les logos n’étaient pas suffisamment similaires pour créer une confusion chez les consommateurs. Cependant, l’accent a été mis sur le contexte d’utilisation des logos, dans le cas de Dream Pairs, l’utilisation prise en compte était principalement en ligne sur Amazon et Ebay. En raison de ce contexte, le juge a décidé que les consommateurs étaient en mesure d’identifier les marques comme étant suffisamment différentes, compte tenu des informations supplémentaires disponibles sur la page web au point de vente. Ainsi, la probabilité de confusion était faible.
Le premier appel : devant la cour d’appel
Iconix a fait appel de la décision, et dans un jugement rendu par la Cour d’appel en janvier 2024, la décision précédente a été annulée et Iconix a obtenu gain de cause. L’appel s’est basé sur le fait que le juge de la Haute Cour n’avait pas correctement ou complètement pris en compte l’aspect de la confusion post-vente dans l’affaire.
Il peut y avoir une confusion des consommateurs au point de vente, de sorte que le consommateur n’est pas facilement en mesure d’identifier les différentes marques/entreprises lors de l’achat, mais il peut également y avoir une confusion post-vente. C’est lorsqu’une confusion des consommateurs survient après la vente des produits. Cela peut se produire lorsqu’un consommateur sait qu’il n’achète pas la marque originale, mais que d’autres personnes qui voient la marque en utilisation sont confuses et croient à tort qu’il s’agit de l’original, ou qu’elle est affiliée à la marque originale. Ce type de confusion, même post-vente, peut nuire à la réputation d’une marque ou diluer son caractère distinctif, c’est pourquoi c’est un aspect important dans les affaires de contrefaçon de marque.
En appliquant cela à l’affaire, Iconix a fait valoir que les consommateurs ne regarderaient pas toujours les marques respectives de face, elles seraient vues sous différents angles. Un exemple spécifique soulevé par Iconix était que lorsque la marque Dream Pairs se trouve sur le côté d’une chaussure de football, elle serait vue ‘en regardant vers le bas le signe présenté verticalement sur le côté d’une chaussure au pied du porteur’. Ceci est essentiel car cela modifie légèrement les marques, l’angle sous lequel elles sont vues affectant l’impression visuelle de la marque. Ainsi, le juge a estimé que le consommateur moyen rencontrant pour la première fois la marque Dream Pairs, apposée sur une paire de chaussures de football, portée par quelqu’un d’autre, ne saurait pas à quoi ressemble le signe vu de face. Ainsi, le consommateur moyen ne verrait la marque que dans ce contexte, ce qui la rend significativement plus similaire à la marque Iconix.
Les produits Dream Pairs avec la marque contestée
Le juge a poursuivi en déclarant que cet exemple était un ‘scénario réaliste et représentatif pour évaluer l’impact post-vente de l’utilisation du signe sur la perception du consommateur moyen.’ L’appel a été accueilli.
L’appel en cours : la cour suprême
Dream Pairs a maintenant fait appel devant la Cour suprême et l’audience a eu lieu mi-mars 2025. La décision est attendue dans les six prochains mois. L’appel est ‘à surveiller’ en matière de droit des marques, car il a été demandé à la Cour suprême de traiter plusieurs questions cruciales, notamment l’exploration du moment où la confusion post-vente doit être évaluée et la méthodologie pour déterminer la similarité des marques.
Le fait que l’affaire soit parvenue à la Cour suprême du Royaume-Uni témoigne de l’importance considérable des questions traitées par l’appel. La confusion post-vente est souvent considérée comme un sujet controversé, mais elle est particulièrement importante pour la mode et le commerce de détail de la mode où les logos en particulier et l’impression visuelle des marques sont essentiels. Certains considèrent que la confusion post-vente introduit des niveaux accrus de subjectivité dans la comparaison des marques. Certains conseils en propriété industrielle ayant une interprétation plus littérale de la loi estiment que les marques ne devraient être comparées que telles qu’enregistrées par rapport à la marque présumée contrefaisante telle qu’utilisée. Cependant, d’autres estiment que le contexte d’utilisation d’une marque est essentiel et que la confusion post-vente reflète les réalités commerciales et la façon dont les marques sont réellement utilisées et perçues par le public. Il existe évidemment une jurisprudence importante et établie concernant l’évaluation de la similarité des marques, donc cette affaire sera suivie avec intérêt car elle pourrait avoir un impact futur sur les cas de contrefaçon.
Points clés et considérations dans cette affaire :
- Le contexte est important : La manière dont une marque est présentée et perçue sur le marché est cruciale pour déterminer la contrefaçon.
- Confusion post-vente : Les perceptions des consommateurs après l’achat d’un produit, ou en le voyant sur un tiers, peuvent être aussi importantes que leurs impressions initiales au point de vente.
- Application dans le monde réel : l’évaluation de la similarité doit prendre en compte la façon dont les marques sont vues dans des situations pratiques, quotidiennes, et pas seulement sous leur forme statique.
Cet article a été préparé par la Directrice des marques Rachel Platts








