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Protéger l’innovation en matière de santé numérique dans la révolution de l’IA
novembre 2025
Alors que l’intelligence artificielle (IA) continue de transformer les soins de santé, de l’imagerie diagnostique et de la découverte de médicaments aux dispositifs portables et à l’aide à la décision clinique, les questions relatives à la manière de protéger ces avancées sont devenues de plus en plus complexes.
L’identification de la propriété intellectuelle (PI) dans les innovations en matière d’IA, la détermination de la propriété et la décision quant aux meilleures méthodes de protection ne sont que quelques-uns des défis auxquels sont confrontés les développeurs. Dans un domaine en évolution rapide où l’innovation dépasse souvent la réglementation, une protection robuste de la PI n’est pas seulement une garantie juridique, mais aussi une base pour la croissance et l’investissement.
L’IA est-elle brevetable ?
Les brevets restent l’une des formes de protection les plus utilisées pour les inventions MedTech. Ils permettent au propriétaire d’empêcher d’autres personnes d’utiliser l’invention, ce qui lui confère un avantage commercial évident. Avec une durée de vie maximale de 20 ans et une voie claire vers l’applicabilité, les brevets sont un outil de PI très recherché.
Toutefois, le brevetage des inventions de l’IA pose des défis uniques. L’Office européen des brevets considère que les algorithmes d’IA en soi, semblables à d’autres algorithmes logiciels, sont essentiellement des méthodes mathématiques, qui sont exclues de la protection par brevet. Pour être admissible à la protection par brevet, vous devez démontrer que l’IA ou l’innovation logicielle a une véritable contribution technique. Cela implique généralement d’ancrer l’innovation dans le monde réel en prenant des données de capteurs médicaux ou des images médicales comme entrée, et en fournissant une indication clinique comme sortie, par exemple. Ou encore, le caractère technique peut être démontré en fournissant un ordinateur amélioré, tel que l’outil d’IA améliorant le traitement de l’image, ou en gagnant en efficacité dans l’analyse des données. La simple application de l’IA aux processus commerciaux ou administratifs ne sera pas admissible à la protection par brevet.
Dans de nombreux cas, cette exigence de « technicité » n’est pas un obstacle trivial à surmonter. De nombreuses implémentations de l’IA peuvent très bien ne pas avoir d’effet technique en vertu du droit des brevets, bien qu’elles soient très rentables.
Au-delà des brevets : secrets commerciaux et droits d’auteur
Bien que les brevets restent une référence en matière de protection des technologies de santé numérique basées sur l’IA, ils ne sont pas la seule option. Le droit d’auteur peut protéger le code logiciel et la documentation en tant que document écrit, mais ne couvre pas les aspects fonctionnels des modèles d’IA qui sont mieux protégés par un brevet si possible. La protection du droit d’auteur varie également selon la juridiction, certains pays ne reconnaissant pas le droit d’auteur dans les résultats générés par l’IA.
Les secrets commerciaux offrent une autre voie de protection. Les secrets commerciaux permettent aux entreprises d’obtenir des recours juridiques si les informations relatives aux secrets commerciaux sont utilisées ou publiées sans consentement. Par exemple, une entreprise peut souhaiter dissuader ou récupérer les pertes d’un ancien employé qui passe à un concurrent avec des secrets d’entreprise en remorque. Pour qu’un secret commercial soit qualifié comme tel, il doit être gardé secret, être précieux pour l’entreprise et des mesures claires doivent être prises pour le conserver comme secret dans l’entreprise.
Contrairement aux brevets, les secrets commerciaux peuvent durer indéfiniment et ne nécessitent pas de divulgation, ce qui en fait un excellent choix pour les inventions qui restent commercialement pertinentes pendant de nombreuses années. Ils sont particulièrement utiles pour protéger des éléments tels que les algorithmes, les données de formation ou les paramètres de modèle qui peuvent ne pas être brevetables et sont difficiles à rétroconcevoir.
Toutefois, les secrets commerciaux ont des limites. Ils n’offrent aucune protection si l’invention est développée ou rétroconçue de manière indépendante, et une fois que l’information devient publique, il n’y a aucun recours juridique pour arrêter son utilisation.
Le choix entre ces différents outils de PI dépend souvent de la stratégie commerciale. Les entreprises qui cherchent à concéder sous licence ou à commercialiser des solutions d’IA peuvent bénéficier de la forte protection et des voies établies d’applicabilité des brevets, tandis que celles qui s’appuient sur des données exclusives, des données de formation soigneusement sélectionnées ou des modèles d’IA finement réglés peuvent préférer la discrétion des secrets commerciaux. Dans de nombreux cas, une approche hybride peut offrir le meilleur équilibre, où les brevets sont utilisés pour les inventions fonctionnelles de base tandis que les secrets commerciaux protègent les données et les pratiques de soutien.
À retenir
La convergence de l’IA et des soins de santé est à l’origine de certaines des innovations les plus passionnantes de notre époque, mais la protection de ces développements peut présenter des défis complexes en matière de PI. Le succès dépend de la reconnaissance de la PI clé et de l’engagement précoce de spécialistes de la PI pour s’assurer que les bonnes protections sont mises en place. S’engager avec un conseiller en PI dès le début peut être précieux, pour aider à façonner votre stratégie de protection de la PI dès le début, en fournissant un plan clair pour l’entreprise dès le départ.
Pour découvrir d’autres informations sur la protection de l’innovation dans le domaine des technologies médicales et de la santé numérique, consultez notre brochure MedTech ici.
Cet article a été préparé par l’avocate en brevets Amy Kelly.


