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Carburant d’Aviation Durable au Royaume‑Uni – Orientation stratégique
mars 2026
Le mois dernier, le gouvernement britannique a publié son troisième rapport provisoire sur l’utilisation du carburant d’aviation durable (SAF), couvrant l’ensemble de l’année 2025. Il est clair que la dynamique autour du SAF s’intensifie – créant à la fois des opportunités et des pressions pour les entreprises et les innovateurs du secteur de l’énergie.
En avance sur l’objectif – mais encore au début
Sur l’ensemble de 2025, un peu moins de 2,4 % du carburant d’aviation fourni au Royaume‑Uni était du SAF, dépassant ainsi l’objectif gouvernemental de 2 % pour la première année. Pour une politique encore dans sa phase initiale (officiellement lancée en janvier 2025), il s’agit d’une étape remarquable et particulièrement encourageante, qui démontre une réactivité croissante des fournisseurs de carburant. Le mandat SAF est l’outil principal du gouvernement pour décarboner l’aviation britannique et oblige les fournisseurs à respecter un seuil croissant au fil du temps. Vous trouverez les dernières statistiques officielles sur le site du gouvernement : [gov.uk]
Cependant, si le chiffre global montre des progrès, la composition du marché britannique du SAF révèle à la fois des défis structurels et des domaines propices à l’innovation technologique.
La domination de l’HEFA – mais plus pour longtemps
L’ensemble du SAF fourni en 2025 a été produit via la filière HEFA (Hydroprocessed Esters and Fatty Acids) – essentiellement de l’huile de cuisson usagée retraitée. Cela reflète les avertissements récents indiquant que l’approvisionnement britannique actuel dépend excessivement de l’huile de cuisson usagée provenant d’Asie. Les statistiques publiées montrent que 74 % du SAF fourni au Royaume‑Uni utilisait des matières premières provenant de Chine, tandis que seulement 16 % étaient d’origine nationale.
La domination de l’HEFA est attendue compte tenu de sa maturité technique, mais sa dépendance à des huiles usagées limitées et à des chaînes d’approvisionnement étrangères soulève des questions de viabilité, de sécurité et de certification durable. Il n’en existe tout simplement pas beaucoup plus disponible facilement ou à faible coût, et aucune possibilité d’augmenter l’offre de manière significative. À mesure que le mandat augmente, avec 10 % de tout le carburant d’aviation devant être du SAF d’ici 2030, la dépendance au SAF importé dérivé de l’HEFA devra évoluer.
L’arrivée des Power‑to‑Liquids : un bouleversement dans le paysage des brevets
Fait intéressant, les statistiques gouvernementales mettent déjà en avant les Power‑to‑Liquids (PtL) dans leurs tableaux de données, bien qu’aucune production ne soit encore en service. Les PtL regroupent différents carburants synthétiques produits à partir d’hydrogène vert et de CO₂ capté et représentent la filière de SAF de nouvelle génération la plus attendue au Royaume‑Uni, d’où l’attention particulière du gouvernement. Avec une mise en œuvre prévue dans les années à venir, leur arrivée pourrait constituer le changement le plus significatif dans les carburants aéronautiques britanniques depuis l’introduction commerciale de l’HEFA.
Le profil technique des PtL s’aligne clairement sur les domaines connaissant une forte croissance des dépôts de brevets dans le monde : systèmes d’électrolyse, captage du CO₂, voies de synthèse catalytique et intégration aux énergies renouvelables variables.
Un moment d’investir stratégiquement dans la propriété intellectuelle
Pour les producteurs de carburant et les développeurs technologiques, les données révèlent un message simple : le marché britannique du SAF devra évoluer d’une conformité initiale limitée par l’HEFA vers une gamme diversifiée de sources de SAF.
Les entreprises qui explorent des matières premières alternatives, des procédés avancés de conversion biologique ou les technologies PtL devraient réexaminer leurs stratégies de brevets. Le conseil en matière de propriété intellectuelle n’est pas nouveau : protéger les innovations dès le début sera essentiel à mesure que le secteur se développe et que la concurrence s’intensifie. Étant donné que le nombre de filières SAF approuvées est limité, tout avantage concurrentiel sera crucial. Un changement majeur se profile, mais la création d’un écosystème SAF national et résilient au Royaume‑Uni nécessitera une large diversité de technologies.

