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Réglementation des plantes NGT en Europe – La présidence polonaise propose une solution alternative à l’interdiction des brevets
février 2025
Dans le dernier développement concernant la nouvelle législation proposée pour la réglementation des plantes NGT (éditées génétiquement) dans l’UE, la présidence polonaise a proposé un amendement qui supprime l’interdiction proposée des brevets pour les plantes NGT, le matériel végétal et les produits végétaux.
Pour rappel, lors de la préparation de la législation visant à assouplir le processus réglementaire pour la commercialisation des plantes NGT, le Parlement européen a proposé un amendement qui excluait effectivement de la brevetabilité « les plantes NGT, leurs parties, les informations génétiques et les caractéristiques des procédés qu’elles contiennent ». La proposition incluait également des restrictions sur la portée de la protection des brevets existants et des demandes pour toutes les plantes NGT. L’objectif de l’interdiction proposée était de éviter les incertitudes juridiques, l’augmentation des coûts et les dépendances vis-à-vis des grandes entreprises agrotechnologiques pour les agriculteurs et les sélectionneurs. Cela, selon eux, était conforme à l’objectif de la Commission européenne de développer une agriculture durable et d’accroître la sécurité alimentaire dans la région.
Depuis l’amendement proposé, il y a eu des débats sur la portée de l’exclusion, qui aurait pu être interprétée comme s’étendant aux outils génétiques utilisés pour la mutagenèse ciblée. Il y a également eu une réticence compréhensible à devoir réviser la législation existante telle que la directive européenne sur les biotechnologies, l’UPCA et l’accord TRIPS, ainsi que des questions sur les modifications qui pourraient être nécessaires à la Convention sur le brevet européen. Malgré l’assouplissement de la proposition pour se limiter uniquement aux plantes NGT1 à faible risque par la présidence belge, ils n’ont pas réussi à obtenir un vote majoritaire.
La présidence polonaise actuelle a reconnu que pour mettre en œuvre la législation réglementaire, l’impasse entre les États membres de l’UE sur l’interdiction proposée des brevets doit être rapidement résolue. Dans l’objectif de stimuler l’innovation dans l’UE tout en permettant le libre accès aux variétés par les sélectionneurs, la présidence polonaise a proposé ce qui suit :
- Il y aura une distinction entre les brevets qui protègent les technologies de base et les brevets pour les plantes et les procédés qui aboutissent à un caractère spécifique de la plante.
- Le matériel de reproduction d’une plante NGT1 peut être mis sur le marché sans autres restrictions, s’il n’est pas protégé par un brevet de produit ou un brevet de procédé qui aboutit à un caractère spécifique de la plante.
- S’il existe des brevets qui protègent le matériel de reproduction, ou qui protègent un procédé aboutissant à un caractère spécifique, le matériel de reproduction peut toujours être mis sur le marché, mais il peut être soumis à des restrictions supplémentaires si un État membre le souhaite. Ces restrictions comprennent : une interdiction d’utilisation du matériel de reproduction pour la culture de matériel de reproduction et une exigence d’étiquetage. Ces restrictions viseraient à protéger les agriculteurs et les sélectionneurs nationaux contre les brevets.
- La proposition inclut une procédure de vérification pour déterminer l’existence de brevets ou de demandes qui pourraient être pertinents, et cette charge incombera à la partie qui met le matériel de reproduction sur le marché.
Il est notable que les dispositions ne concernent pas les plantes en tant que telles ou les produits végétaux, mais uniquement le matériel de reproduction. Les exigences sont également limitées aux plantes NGT1, et tout autre matériel de reproduction ne sera pas soumis à la procédure de vérification.
Nombreux sont ceux qui ont accueilli favorablement la suppression de l’interdiction proposée des brevets, et si la proposition polonaise est acceptée, la législation pourrait progresser, bien qu’il reste encore de nombreuses questions non liées à la PI à résoudre.
Cet article a été préparé par les associées Punita Shah et Ellie Purnell.




